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Traduction française par:

Francois Jacob acadie@iname.com
acadie@canadamail.com

 

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L'histoire des Acadiens...de France a la Plantation des CYR

Le nom "d'Acadiens" fut donné à ces premiers colons européens permanents qui immigrèrent à partir de 1604, dans cette partie de l'Est du Canada qui constitue de nos jours, les provinces maritimes de la Nouvelle Écosse (l'Ancienne Acadie), l'Île du Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick, et lesquels portaient jadis de très beaux noms francais.

Depuis les temps immémoriaux, c'est-à-dire dès la naissance de la nouvelle colonie de l'Acadie-soit quatre années avant celle de Québec, en Nouvelle-France -1608- les colonisateurs Francais et Britanniques ne parvinrent jamais à régler leurs différents par rapport aux frontières, entre autres, ce qui eut pour résultats, dès lors, des relations très tendues entre les deux pays belligérants.

C'est au cours de l'année 1605 qu'arrivèrent les premiers colons Francais à Port-Royal, future capitale de l'Acadie Francaise. Ces Acadiens étaient bien connus pour être de grands travailleurs, défrichetant et cultivant de nouvelles terres, érigeant des digues (les fameux "aboiteaux"), technique tout à fait géniale qu'ils apportèrent de France, pour assécher les marécages et qui produirent très bien pour la culture fourragère. Armés de patience, de détermination et de durs labeurs, ainsi la nouvelle colonie de Port-Royal devint rapidement une région agricole très prospère.

Il nous faut souligner ici la très importante contribution apportée par les Acadiennes, de ces femmes si courageuses, dans la vie quotidienne des nouveaux colons. Celles-ci s'occupaient entre autres besognes de la préparation et du tissage de la laine, de la cuisine, de la couture et confection des habits ainsi que des travaux plus légers dans les champs. Il était de coutume, parmi ces gens, de se rassembler en un endroit pour partager les différents travaux communautaires à accomplir, tout en s'amusant gaiement par des chants, etc. L'esprit communautaire chez ces Acadiens était bien ce qu'il y avait de plus fort, et ce qui les caractérise d'ailleurs toujours de nos jours. C'était aussi des gens très pieux, très attachés à leur religion catholique, et qui croyaient fort dans les valeurs et les principes de paix, de tranquilité et d'égalité.

Mais hélas, l'année 1713 marqua le vrai début des troubles et misères pour les Acadiens. En effet, cette année-là marqua malheureusement la fin définitive de l'Acadie Francaise après déjà de nombreux changements d'allégeance au cours des décennies précédentes. C'est donc par le Traite d'Utrech de 1713 qui céda l'Acadie péninsulaire (l'Île Royale et St-Jean exclus), à tout jamais, à l'Angleterre. Par ce traité de paix, les Acadiens conservèrent donc le droit de pratique de leur religion catholique, c'est-à-dire tant et aussi longtemps qu'ils suivraient à la lettre, les lois de la Grande-Bretagne! Au début, les Acadiens signifièrent leurs désirs de vouloir partir quant à se voir soumis à te tels règlements, néanmoins, en raison de complications et d'autres facteurs atténuants, ils décidèrent de rester dans leur chère Acadie.

Entretemps, le gouverneur de la colonie désormais connue sous le nom de "Nova Scotia", ayant déjà réalisé que si le projet du départ massif des Acadiens allait de l'avant, c'était toute l'importante industrie agricole qui en souffrirait grandement...le plus grand nombre de ses habitants s'adonnant surtout à l'agriculture, et même la population amérindienne, qui elle, s'adonnait à un important commerce d'échanges avec les autorités britanniques. Ce qui fit que le gouverneur hésita avant de prendre de sévères mesures à l'égard de la population acadienne.

En 1717, les Acadiens devenus très méfiants quant à leur propre sécurité par rapport aux Amérindiens et faisant toujours part du désir de partir, offrirent aux autorités britanniques de signer un serment d'allégeance "conditionnel" à la couronne britannique, c'est-à-dire à condition qu'ils n'auraient jamais et éventuellement à prendre les armes contre leurs propres compatriotes Francais, de même qu'envers leurs amis les Amérindiens, en cas de conflits armés entre les deux pays colonisateurs. Voilà qui devint aussitôt un débat majeur à partir de ce moment-là!

Enfin, en 1720, le colonel Philipps, faisant office de gouverneur de la colonie, proclama que les Acadiens devaient signer cet infameux serment d'allégeance "inconditionnel" à la couronne britannique, ou furent menacés d'avoir à quitter le territoire...sans pour autant bénéficier du loisir de disposer de leurs biens et propriétés comme bon leur semblerait...Ce que refusèrent donc les Acadiens, qui formaient d'ailleurs à ce moment-là, la grande majorité de la population d'alors, en Acadie, alléguant qu'en signant un tel serment d'allégeance "inconditionnel", ils craignaient se mettre à dos les Amérindiens, lesquels, jusque-là et depuis toujours, avaient été leurs plus fidèles alliés et amis.

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Et c'est ainsi que déjà en l'année 1730, les Acadiens furent désormais connus sous le qualificatif de "Francais neutres". Cependant, au cours d'une certaine période qui suivie, les Acadiens connurent, malgré tout, une certaine accalmie vis-à-vis leur conquérant britannique. Hélas, dès 1744, lorsque la guerre éclata à nouveau entre la France et l'Angleterre, les Acadiens se trouvèrent dépourvus de tout préparatifs pour les hostilités à venir, mais collaborèrent néanmoins à la reconstruction des fortifications.

Malgré quatre différentes invasions par les Britanniques, les Acadiens ne participèrent d'aucune facon à ces hostilités, ce qui poussa les autorités britanniques à réviser leurs positions à l'égard de la population acadienne. Malgré leur preuve de neutralité durant les conflits des années 1744-1748, les autorités britanniques voyaient toujours ce geste comme une preuve incessante de la sympathie des Acadiens envers leurs compatriotes Francais.

En 1750, les Acadiens signifièrent à nouveau la permission de quitter le territoire acadien, ce que leur refusèrent alors le gouverneur Cornwallis, de dernier prétextant qu'aucun passeports ne seraient livrés tant et aussi longtemps que la paix ne seraient pas revenue dans la colonie. Au cours des quatre années qui suivirent, les Acadiens vécurent dans une relative période de tranquilité...alors que se préparait surnoisement la grande tourmente à venir. Oeuvrant toujours très vigoureusement et avec enthousiasme, les récoltes et le bétail rapportèrent toujours suffisamment pour approvisionner la colonie entière.

Le 2 juin 1755, les troubles s'accélèrent soudainement lorsqu'une troupe de soldats britanniques s'amena à Grand-Pré, s'appropriant tout ce qui put leur servir...Le gouverneur signifia alors aux Acadiens que s'ils désiraient faire preuve d'obéissance envers les autorités britanniques, le serment d'allégeance "inconditionnel" devait être signé aussitôt. On leur accorda une période de 24 heures de réflexion...mais en retour, les Acadiens avisèrent qu'ils n'avaient nullement l'intention de se plier à de tels exigences et furent donc mis sous arrêt sur place et immédiatement.

Dès lors, le gouverneur Lawrence décréta les ordres d'aller de l'avant avec les préparatifs d'expulsion de la Nouvelle-Écosse, de toute la population acadienne (des établissements de Beauséjour (Aulac), de Pisiguid (Windsor) et Annapolis (où ma propre mère, Annie Ouellette, vit le jour). C'est là le début de l'histoire tragique du "Grand Dérangement". Le colonel Winslow, agissant au nom du gouverneur Lawrence, fit de l'église paroissiale de Grand-Pré, son quartier-général militaire, fit arrêté le curé, son presbytère servant de logement pour les troupes anglaises. Le colonel ordonna par contre le déplacement des saints ornemnts de l'église, alors que les troupes érigèrent des tentes sur les terrains mêmes de l'église de Grand-Pré. Pendant ce temps, les Acadiens demeurèrent calmes bien que se sentant très menacés, naturellement. Les abondantes récoltes restèrent telles quelles dans les champs et, d'autre part, tout en constatant à quoi servait alors leur église, voilà qui cause aux Acadiens bien de la peine et de la tristesse devant le grand danger qui les menacait.

Le 5 septembre 1755, l'ordre suivant fut lu par le colonel Winslow aux Acadiens rassemblés dans l'église de Grand-Pré:


"LE DEVOIR QUI M'INCOMBE, LEUR DIT-IL, QUOIQUE NÉCESSAIRE, EST TRÈS DÉSAGRÉABLE À MA NATURE ET À MON CARACTÈRE, DE MÊME QU'IL DOIT VOUS ÊTES PÉNIBLE À VOUS QUI AVEZ LA MÊME NATURE. MAIS CE N'EST PAS À MOI DE CRITIQUER LES ORDRES QUE JE RECOIS, MAIS DE M'Y CONFORMER.JE VOUS COMMUNIQUE DONC, SANS HÉSITATION, LES ORDRES ET INSTRUCTIONS DE SA MAJESTÉ, À SAVOIR QUE TOUTES VOS TERRES ET HABITATIONS, BÉTAIL DE TOUTE SORTE ET CHEPTEL DE TOUTE NATURE, SONT PAR LA COURONNE, AINSI QUE TOUS VOUS AUTRES BIENS, SAUF VOTRE ARGENT ET VOS MEUBLES ET QUE VOUS DEVREZ ÊTRE VOUS-MÊMES ENLEVÉS DE CETTE PROVINCE QUI LEUR APPARTIENT. C'EST L'ORDRE PÉREMPTOIRE DE SA MAJESTÉ QUE TOUS LES HABITANTS FRANÇAIS DE CES RÉGIONS SOIENT DÉPORTÉS...".

Les Acadiens furent donc atterrés et pris d'horreur à l'idée qu'ils allaient bien être déportés et ainsi furent exécutés aussitôt les ordres de la Déportation ("LE GRAND DÉRANGEMENT"). Les Acadiens de l'isthme de Chignectou, pour leur part, firent fi de ces ordres et réussirent à s'échapper dans les bois du Nouveau-Brunswick actuel. Les villages acadiens de Chipoudy et Petitcoudiac furent incendiés par les Britanniques, alors que les Acadiens, en guise de représailles, attaquèrent, en blessant et tuant quelques 29 soldats anglais. De leur côté, les Acadiens de la région de Cobéquid (Truro) réussirent pour, pour la plupart, à s'enfuir en direction de l'Île Saint-Jean (Île du Prince-Édouard).

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En date du 7 septembre 1755, cinq vaisseaux anglais étaient arrivés sur les lieux pour mettre à exécution les ordres de la déportatin, et ce fut avec bayonnettes en mains, que les soldats conduisirent d'abord les hommes à bord des vaisseaux, les séparant, dans bien des cas, à tout jamais de leurs familles. Angoisse, désolation, telles furent les scènes de ce pathétique défilé long de plus de 3 kilomètres, de ces pauvres gens conduits vers le site d'embarquement sur la rivière Gaspereau. À cet endroit, quelques 90 hommes furent ainsi embarqués et gardés à bord jusqu'à la date du départ qui n'eut lieu qu'en octobre suivant. Cependant, les membres de leurs familles respectives furent permis de leur rendre visite sur une base quotidienne.

L'embarquement final débuta enfin le 8 octobre 1755. Les femmes, en état de grande détresse, les enfants dans les bras, furent embarquées à leur tour. Alors que d'autres déportés s'occupaient du transport des parents handicapés et vieillards à bord de charrettes, dans la confusion la plus totale et dans des scènes de grande détresse humaine. Ce n'est qu'après 29 jours que tous les prisonniers Acadiens furent embarqués, et le 27 octobre 1755, c'est une flottille de quelques 14 vaisseaux-la plupart destinés au transport des bestiaux-transportant un nombre d'Acadiens estimé à 6,500 personnes, très encombrés d'ailleurs dans ces embarcations, qu'ils virent laissés en arrière leurs maisons en flammes, tout de leurs riches récoltes et bétail, et bien de leurs possessions personnelles. Ainsi, "LE GRAND DÉRANGEMENT" se poursuivit encore pendant les huit années qui suivirent...impliquant en tout, d'après les historien, approximativement 14,000 Acadiens en tout.

En 1763, lorsque le traité de paix fut enfin signé entre les deux pays bélligérants, ce sont environ 2,000 Acadiens qui furent laissés en exil en France. Dure épreuve pour ces derniers qui se virent forcés d'abandonner, comme les autres d'ailleurs, leurs terres d'Acadie qu'ils avaient travaillées pendant près d'un siècle et demi. Mais encore plus terrible et inconsolable pour ces pauvres Acadiens et dont un grand nombre moururent de chagrin, fut de vivre la tragédie des familles séparées et dispersées aux quatre vents, en des pays étrangers où ils ne furent pas toujours bien accueillis, hélas! Pour ne citer que quelques exemples, seul le Connecticut avait été informé à l'avance de l'arrivée des Acadiens. La Virginie refusa quelques 1,500 Acadiens, ces derniers se virent donc transportés vers l'Angleterre où ils vécurent comme prisonniers pendant de nombreuses années. Deux milles (2,000) réfugiés Acadiens débarquèrent ainsi à Boston, au Massachusssetts; 200 à New York et environ 300 autres au Connecticut. Partout, on leur réserva peu de sympathie mais ils furent plutôt "accueillis" avec méfiance et mépris.

Par ailleurs, quatre vaisseaux n'atteignirent jamais leur destination finale: l'un deux périt au cours d'une tempête, deux autres furent dérivés par les grands vents vers Saint-Domingue, et enfin, un dernier fut capturé par les Acadiens eux-mêmes et conduit jusqu'à l'embouchure du fleuve St-Jean, au Nouveau-Brunswick actuel. À cet endroit, les mutinés rencontrèrent un certain nombre de leurs compatriotes Acadiens qui avaient réussi à fuire dans les bois à l'époque de la Déportation. Et malgré leur relative "liberté", ceux-ci vécurent ou survécurent plutôt, de milles misères, d'épreuves et de souffrances humaines inimaginables. Dépourvu de tout pour leur rétablissement, aucun outils ou quoi que ce soit qui leur était tous indispensables. En fait, tout ce qui leur restait était leur religion catholique à laquelle ils restèrent toujours très attachés et leur héritage francais. De plus, ayant eu à vivre de facon très instable pendant près d'un demi-siècle, se voyant continuellement pourchassés comme des bêtes et de partout, ils ne survécurent que grâce à la chasse et la pêche et l'aide précieuse apporté par les Amérindiens. Ils perdirent donc toute ambitiion et goût pour l'agriculture dont ils en étaient devenus de véritables maîtres. Ces Acadiens de la région sud du fleuve St-Jean rendirent même certains services aux Canadiens-Anglais, de même qu'aux gouverneurs de Québec et de Halifax, en servant de courriers pour les communications, et protégeant, à la fois, toutes les lignes de communications de l'époque entre ces deux capitales. En fait, à l'époque de la révolution américaine, ces nouveaux établissements acadiens étaient déjà assez florissants.

Le texte continue a la deuxieme page.

 

My Grand-Father Fred O. Cyr [April 18, 1880 - June 18, 1945]

and

Grand-Mother Alice Poitras [June 04, 1882 - December 09, 1969]

 

 

My Great-Grand-Father Onezime (aka Lezime) Cyr [September 22, 1856 - January 29, 1911]

and

Great-Grand-Mother Christine (aka Christie) Bourgoin [May 09, 1855 - October 17, 1894]

 

 

 

 
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